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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 11:21

Vendredi 25 Juillet
Durée du vol : 2 h  35 mn
Total heures de vol : 13 h 35 mn
 


Ca y est, on part en balade !
J’ai pris ma caméra numérique que j'ai équipée pour l'occasion d'une sangle supplémentaire que je peux passer autour du cou.. je suis fin prête et le temps est idéal. Je piaffe d'impatience, (on me l'a déjà dit : j'ai une impatience de babouine…) Rendez-vous compte, bien sûr, je fais bien des tours de pistes, et j'ai volé au Costa Rica avec Guido, mais là c'est autre chose ! Vous comprenez ? on va se pro-me-ner, l’aventure quoi !!!
Le "voyage" commence parait-il là même où se termine le vol local… Alors, mon premier "voyage" c’est : Epinal-Saint Dié : 6O kms à vol d'oiseau. ;o) J'effleure l'idée sacrilège de conquérir le ciel ! 


Et ça commence bien : Michel a oublié le GPS, et la radio (obligatoire) ne fonctionne pas plus qu'avant-hier, on reçoit mais on n’émet toujours pas, bien embêtant cela... On essaye tous les réglages possibles, on bidouille, on teste.. pour finalement trouver une solution qui marche un peu près : oublier les commandes sur l’appareil et appuyer directement sur le bouton de l’émetteur pendant qu’on parle. Ca va être folklo, moi je vais appuyer et Michel parlera pour l’autorisation des zones réglementées. Parce que oui, je découvre ce que j’ai cru comprendre dans ma bible du parfait petit pilote : on ne peut pas voler où bon nous semble… moi l’oisillon qui rêvait encore naïvement qu’avec une petite aile on frôlait la liberté….

L’examen de la carte de navigation, accrochée au mur, me le confirme et Michel m’explique ces zones et leurs représentations sur le papier. La nav du jour sera du cheminement. Décollage, cap sur les montagnes, puis on montera à 3000 ft, pour passer un massif montagneux, ensuite on suivra la vallée jusqu’à chez moi près de Saint-Dié-des-Vosges en 45 mn de vol. Voilà pour la théorie.

Décollage. Je suis les indications de Michel sans me poser de questions, et je roule en 02 (à gauche) sans regarder la manche à air. L’erreur ! Au point d’arrêt, Michel me fait faire demi-tour, bon, ok j’ai compris la leçon…. La prochaine fois je regarderai mieux, c’est vrai que tout à l’heure elle était presque perpendiculaire à la piste d’où ma confiance aveugle (et ma mauvaise foi légendaire) mais maintenant elle indique clairement un décollage en 20 (à droite). Je me mets sur la fréquence du site à interroger et hop c'est parti !


Le paysage est d'une pureté féerique. Comment vous dire autrement : c’est VRAIMENT beau ! Esthétiquement d’abord, les rectangles des champs qui prennent mille couleurs à la saison des moissons, nos forêts, nos lacs vosgiens… les habitations… j’apprécie tout … mais aussi et surtout  ce j’ai un sentiment non traduisible avec des mots : mélange d'ivresse et d'attention soutenue, perte des repères temporels, vision infinie, ce ne serait pas ça le bonheur dites ?... vous ne pouvez  pas savoir, ou plutôt si, vous « les penduleux »  vous pouvez tellement savoir… le vent qui caresse vos bras, la barre qui devient si docile, les points de repères dans le paysage qui s’enchaînent… Il faut que je prenne l'habitude de ce circuit visuel : regarder autour, l'altimètre, maintenir le cap et les paramètres moteur.

Une fois stabilisé, on doit faire du 80 km/h, mais vu de là-haut, on semble ne pas avancer... Avec Michel on cherche  les indices révélateurs d’ascendances (les oiseaux, les zones contrastées au sol, les cumulus), et on s’en sert pour prendre de la hauteur sans utiliser le moteur (cf mon post « comme une buse »).  Le temps passe vite et, peu à peu, se précise notre destination. On repère facilement la piste d’atterrissage de Remomeix avec sa très longue piste goudronnée (grande nouveauté pour moi). On s’annonce et je me positionne, et malgré ce revêtement qui peut occasionner un atterrissage plus dur on se pose assez « soft ». Voilà, juste 50 mn de vol pour arriver ici.

Patrick est venu nous rejoindre. Juste le temps de prendre un bisou de discuter un peu et je repars 30 mn plus tard, on contourne la ville de Saint-Dié. On bifurque un instant pour aller «jouer» avec 3 parapentistes sur le flan de la montagne. J’ai un collègue, Philippe, qui vole toujours dans ce coin avec justement une aile bleue. Je n’arrive pas à distinguer si c’est bien lui, mais qu’importe on se fait des « coucous » dans le ciel la convivialité semble de mise. Instant magique que de se rencontrer là, en plein ciel, comme on le ferait au coin d'une rue.

Les maisons de mon petit village sont comme de gros legos, bien rangées le long de la route principale. Je survole notre maison. Michel reprend les commandes et je fais plein de photos, je mitraille à tout va, je filme aussi pour qu'on s'en souvienne bien (je déménage bientôt et vais quitter la France).
Après je continue jusqu’au dessus de la maison de ma maman (85 ans) à une dizaine de km. Je la vois me faire de grands signes depuis sa cour. Alertée
de mon passage par un coup de fil de Patrick, elle a déjà prévenu ses voisins, ma tante etc…« hé regardez, c’est ma fille qui vole là-haut dans cet engin ! » En dessous de moi tout le quartier s'agite.... La voir de là-haut si petite devant ma petite maison de famille me bouleverse d’autant plus que je vais bientôt la quitter. C'est très fort. L’émotion me donne presque les larmes aux yeux !


On remet le cap sur Epinal. Le vol du retour est tout calme. Je regarde. Michel explique. On sélectionne pour de faux des champs où l’on pourrait «se vacher» c.a.d atterrir en cas d’urgence. A cet exercice l’œil s’exerce, là, à voir une ligne haute tension, là, à apprécier la distance nécessaire… Michel précise, affine « si le champ est en pente la distance sera plus courte, là tu vois on pourrait même entre les meules de foin… là il faudrait se méfier des arbres, ...là trop loin,... non on ne choisirait pas ce champ cultivé de maïs !!… »  au loin, dans l'horizon on aperçoit  le grand panache de fumée de l’usine de Golbey.

Avant de rentrer allez, offrons-nous encore un dernier détour : le survol de la maison de Sylvain (le propriétaire de Delta India « mon » bel oiseau jaune).  Un petit vroooum moteur et deux grands cercles au dessus de chez lui pour le prévenir qu’on est bien rentrés, qu’il peut venir récupérer son ulm et voler ce soir !

L’exaltation des premiers vols... vous en souvenez-vous ô pilotes émérites ? ce sentiment délicieux reste-t-il après, quant on a volé beaucoup d’heures ou bien est-ce que je viens juste de goûter à l'engouement des premières échappées ? Je me demande… si vous avez la réponse, j’attends vos commentaires ;o)

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Published by Nadine - dans ULM Formation
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 Je suis aussi d'une mauvaise foi épouvantable, la preuve : je le reconnais ! 
D'ailleurs, depuis que je suis modeste, je suis parfaite ;o)
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NadDes envies de couleurs, d'images, de voyages et d'expériences.... Voler, être en contact avec l'air et le léger, exprime des aspirations à une certaine élévation, un besoin irrépressible de s' ouvrir à d'autres sphères, de se rapprocher de la nature. S'envoler, tout comme voyager, c'est se détacher un instant de son quotidien, se libérer, s'élever, découvrir et apprendre...

Un blog pour raconter ces expériences, car chaque personne a quelque chose à dire pour peu qu’il y ait quelqu’un pour l’écouter ou la lire... Bienvenue sur Flying and Travelling.
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